Voyages en montagne et... ailleurs

Ascension du Kilimandjaro en juillet 2010

mardi 19 avril 2011

Marathon d'Annecy

Quelle course!!!
Au départ, quelle ambiance , de la musique, des encouragements...., il y a un rassemblement de personnes tout âge  mais une majorité de  jeunes ( la quarantaine), toutes prêtes à se dépasser dans une épreuve mythique, d'endurance ; chacun sait qu'il y aura souffrance mais on y court au sens propre comme au figurer.
Besoin de se prouver que l'on peut et pour moi besoin de défier l'âge, la vieillesse, oublier tout l'espace d'un moment et de se concentrer sur "mettre un pied devant l'autre".
Au départ , une forme d'enfer, un rythme bien adapté et se dire que "l'on part pour de longues heures", en en garder sous le pied comme on dit, doser l'effort ni trop vite , ni trop lent. Le soleil nous accompagnait, l'air était frais , idéal pour courir. Peu de paroles , tout le monde se concentre sur ses pensées, ses efforts, chacun son rythme, chacun ses motivations...
10 kms en 1h03, bien pour moi.
Allez continue, "ma vieille"!!!tout doux
Les kilomètres se déroulent sous mes pas , "même pas mal", boire deux , trois gorgées à chaque stand, quelques raisins secs et c'est reparti; accueil chaleureux des personnes qui , le long du parcours, regardent passer ces fous de la performance. Roland est là au détour d'un chemin , à m'encourager , il veut être sûr que je vais bien; quelle attention!!
Le corps souffre, c'est vrai; il le signale par moment, une douleur au ventre, puis s'en va , une autre dans la cuisse puis repart vers d'autres genou et mollet mais je le raisonne:" allez encore un effort et ce sera le repos"
Mi parcours, les jambes commencent à réclamer "pouce, on stop"; mais non , mais non on continue...
Au 30 ème kilomètre, passage en 3h 15, bien dans les temps mais prise d'un faim ..et au stand plus rien à manger, je vais  demander un petit " en cas " à la station des secouristes et ils me donnent un sachet de compote... génial et je repars ; maintenant le passage redouté "du 30, 35 ème kilomètre"; mais tout se passe bien , l'allure se ralentit néanmoins et vers le 36 ème kilomètre, je sens que les jambes avancent toutes seules , mécaniquement, je ne sens plus de douleur, tout est comme dans un rêve, je plane,  je déroule, j'avance , je flotte, vidée, j'ai dû programmer un film qui se déroule hors de ma volonté; je pense seulement: "ne pas m'arrêter, continuer d'avancer, encore et encore, compter les kilomètres qui restent, les mètres qui restent, allez c'est bientôt l'arrivée, tu vas gagner le pari , le défi que tu t'étais lancé".
En voici l'arrivée, le tapis rouge..mais oui , j'arrive 4h 46;  c'est fini, le fin de l'épreuve, la joie d'arriver, les larmes ... habituelles chez moi, la respiration qui se bloque; l'effort sur la fin fût intense vraiment; comme on dit, j'ai puisé dans mes réserves, j'ai fait appel à des ressources enfouies profond dans les tripes. Se dépasser, me prouver que je ne suis pas foutue, que j'ai une certaine valeur, que je peux encore faire des choses qui valent le coup de vivre.
L'arrivée passée, j'erre dans le parc , au milieu des gens, je me sens un peu paumée, je cherche Roland et voilà , il est là. Ouf! repos, impossible d'avaler quelque chose, le corps a souffert mais il est fort et résistant , je peux lui demander beaucoup et il me donne , il est complaisant pour le moment. Mais on court aussi et au moins autant avec sa tête, c'est un ensemble et le tout  fonctionne de façon satisfaisante en ce moment alors beaucoup d'espoirs me sont permis. Prochain challenge? A réfléchir.....
Les enfants ont suivi de chez eux,  via le téléphone, le déroulement de l'épreuve ; des gros bisous pour eux mais aussi à Roland qui m'a donné attention , gentillesse et amour. Suis- je à la hauteur de tant d'attention?

vendredi 15 avril 2011

Marathon d'Annecy

Je ne peux vivre sans challenge, sans me  prouver que je peux faire toujours mieux, toujours plus, sans me fixer des objectifs plus ou moins réalistes; je connais le pourquoi de ce comportement, je ne crois pas pouvoir vivre autrement qu'en  demandant à mon corps, à ma tête toujours plus. Je ne cherche pas à prouver quelque chose aux autres , je cherche simplement à me renforcer l'estime que j'ai de moi (égoïste la fille ,non...)
C'est le sixième marathon que je fais, j'ai conscience de mon âge , je tente ;  j'ai fait un entraînement le plus sérieux possible et je verrai..in challah...
Départ 8h30 Annecy, je prévois 5h mais il peut y avoir les imprévus : douleurs, fatigue, raz le bol....
 A bientôt pour le récit et des photos ....

vendredi 4 février 2011

Dimanche

Comme d'habitude maintenant, Jacques passe devant les tentes "coucou , réveillez- vous".
Petit déj, Oh que je suis patraque de partout!!!!Aller,  un départ pour une nouvelle tournée dans la savane, mais il fait assez froid et beaucoup de touristes font comme nous d'où une file de minibus devant l'entrée .
Tout est aussi beau qu'hier, nous apercevons des lions , des buffles , encore des girafes, des phacochères,des hyènes, et j'en oublie... des hippopotames dans les marécages; on apprend que l'eau des marécages vient du Kili par infiltration et suintement.
Il y a aussi beaucoup d'oiseaux dans ces marécages des flamants roses, des aigrettes, des grues, des ibis...
Toujours la sérénité dans ce parc, le calme...
Nous avons aperçu au loin des petites tornades : colonne de "fumée".
Nous faisons une dernière halte au belvédère qui domine toute la plaine d'Amboseli puis retour dans le lodge pour le repas de midi; un petit tour à la piscine et dernière douche avant le départ pour Nairobi. Nous sommes tous très propres, très beaux pour le voyage.
Ce que n'avions pas prévu , c'est que le transfert en bus à Nairobi allait être plutôt mouvementé. D'abord, des pistes extrêmement poussiéreuses et les vitres étant entre ouvertes, en 3 minutes , on était tous crades mais crades...De plus Ben était d'humeur exécrable : on voulait s'arrêter dans des petits magasins en bordure de route et lui refusait notre choix; il avait "son magasin d'artisanat" d'où des différents entre nous et lui; il a conduit très lentement et on n'a pas bien compris pourquoi , il discutait avec son coéquipier et  nous , nous  ne comprenions  rien mais c'était animé!!!! L'arrivée à l'aéroport vers 16h fût un soulagement pour tout le monde et la séparation rapide. Il nous a "planté" sur le parking et" tchao".
Les horaires des départs d'avion étant différents , après un grand "au revoir", chacun est parti  et nous étions un petit groupe à devoir   attendre 1h du matin.
Installation à une terrasse de café, petit repas et devinez.., la télévision retransmettait un match de quoi je ne sais plus mais il y avait de l'ambiance sur cette terrasse de café....
Après, rv dans les couloirs déserts de l'aéroport , et nous avions bien sommeil....
C'est quasi le fin du voyage, avion,métro,  train, voiture. Roland m'attendait à la gare de Vichy avec un bouquet de fleurs et après une rapide toilette et changement de vêtements dans la voiture, nous sommes allés déjeuner  au restaurant .....j'ai oublié le menu mais pas l'accueil ...

Aventure splendide. Souvenir d'une épopée ...

Quelques histoires de Philippe mais  je ne sais pas si je vais oser les écrire, allez juste une, la moins ...
Napoléon revient de la guerre, il entre dans une taverne et dit à l'hôtelier " Ah , j'ai vaincu" et l'hôtelier répond:
"c'est dommage, je n'ai que 19 sièges".
Encore une!!! non..















































































vendredi 28 janvier 2011

Samedi



Réveil avec le soleil. La "mama" complète pour les personnes du groupe qui le demandent , les certificats attestant de l'ascension du Kili. Puis attente jusqu'à 11h , heure du départ pour la parc Amboselli avec Ben. On se promet de ne rien dire qui puisse  fâcher Ben ,  sinon pour le safari???
Route poussiéreuse et arrivée vers 13h dans une" réserve", non.. , un  camp à "touristes" , chic et agréable . Les chambres sont de grandes tentes très bien aménagées avec douche, wc , lit avec moustiquaire...
Repas de midi : buffet avec grand choix d'entrées, de plats, de desserts.
Sieste et départ pour le safari vers 15 h30 dans un petit camion avec toit ouvrant pour faciliter la vue sur la savane et les animaux.
A l'entrée du parc, les Masaï accueillent les visiteurs , ils sont plutôt longilignes, avec des grandes boucles d'oreilles, des lances à la main, les femmes proposent des bijoux.
Et là, le miracle: le parc est une grande plaine avec le Kili comme fond de décor;  un calme, une sérénité , incroyable!!!Les animaux que nous voyons se déplacent d'un pas lent, sans bruit, sans peur des véhicules qui sont près d'eux. Quelle douceur après la brutalité de la marche dans la montagne!!!
Là, ce sont  les gazelles, les éléphants, les girafes au milieu de la savane . C'est émouvant de voir ces animaux si confiants en l'homme; pourtant la savane est quadrillée de chemins à voiture,  ils ne se sauvent pas quand nous arrivons près d'eux!! Ils n'ont pas peur des voitures visiblement. Mon canon   a un faible zoom, et je ne peux pas prendre les photos comme j'aimerais. Le pas lent des animaux dans leur milieu, c'est magique.
On voit la savane avec ces arbres en" parapluie", c'est tout comme dans les films. Quelle beauté et avec la tombée de la nuit, c'est féerique, on se croirait dans le film du "roi lion".
Nous rentrons au lodge  à  la nuit : repas , spectacle de danses Masais. Dodo et rv demain 6h.






lundi 24 janvier 2011

Vendredi


Nuit froide mais  oh combien réparatrice. Jacques a réveillé tout le monde à 6h30 . Il y avait de la gelée blanche sur la toile de tente; aller aux toilettes relevait d'un courage exceptionnel tellement il faisait froid.On voyait le face enneigée du Kili . Petit déjeuner avec du porridge , super bon.
Nous donnons les pourboires aux guides et aux accompagnateurs en les remerciant chaleureusement; ils nous chantent leur" chanson du kili".
Allons faire les sacs et départ pour une grande descente ; on passe de 4600 à 1900 m (dont une partie en bus)
Départ vers 8h; ( 5h de marche prévue) il y a d'abord une grande descente au milieu d'une végétation rare  avec en arrière- plan toujours le Kili. On rencontre pleins de porteurs qui montent , d'autres qui descendent très chargés de sacs; il y a aussi des personnes seules accompagnées d'un guide et ou porteur; des petits groupes   de 3 ou 4 personnes  avec guides et porteurs et puis et puis ... deux civières avec des personnes étendues   nous  ont doublé ;  leur apparence ? la première pas très chouette , c'est une américaine qu'on a vu monter la veille et l'autre un monsieur un peu moins mal; la vitesse de la descente des porteurs de civières est grande, ils courent presque et les "malades" sont secoués, ballottés d'un côté et de l'autre , sur un chemin plus que cahotique. Cela semble être " sportif" que de descendre une civière, impressionnant !!!. On voit  à quoi on a tous échappé!!!
On est ensuite entré dans la forêt vierge. Je reste derrière avec Jérôme qui a mal aux pieds et pour qui la descente est pénible. Il y a de très grands arbres avec des longues lianes, un foisonnement de plantes très vertes , des fleurs petites, grandes. On rencontre des arbres qui "retiennent l'humidité" et des gouttes tombent sur le chemin ce qui forme une zone très  humide autour de l'arbre alors qu' ailleurs, c'est sec, un micro climat!!
Le temps est plutôt frais et humide, on est parti avec le soleil et on est maintenant dans les nuages.
Repas de midi rapide , j'ai de plus en plus de mal à avaler  ce type de  nourriture mais .. il n'y a rien d'autres !!
Nous sommes arrivés aux portes du parc du kili, il y a un peu "d'administration": remplir des lignes et des colonnes avec nom ..., remise de diplôme, eh oui on nous donne un petit papier!!
C'est le moment de quitter les guides : Phasa, Vasoo, Justine ... (je ne suis pas sûre de l'orthographe de leurs noms!).
Transfert  en bus pour rejoindre Kibo Slopes Cottages . Nous roulons sur une piste avec poussière ++, des trous partout, piste bordée de bananeraies. Des ventes de régime de bananes vertes ont lieu en bord de piste.
Passés les deux postes frontières , nos arrivons au cottage. Et que se passe-t-il alors? On se précipite tous sous ... la douche; d'accord l'eau est très tiède mais néanmoins très appréciée.
Après un repas très agréable dans une ambiance de détente et de bonne humeur, Ben nous fait part de la suite du voyage et nous propose des visites non prévues par Allibert  mais qui nous semblent être "pour touristes"; omme  le village " Masaï". La discussion fût des plus animée surtout avec Jean Louis qui résista bien en notre nom à tous. Le rendez - vous est pris pour le lendemain 11 h.
Dodo 22H , un lit, une douche, le luxe quoi...





jeudi 20 janvier 2011

Jeudi

Réveil à 23h, petit déjeuner succinct, on a tous plus ou moins mal à la tête.
0h 07 départ dans la nuit avec une frontale et les 4 guides( il y en a un qui portait le caisson) Le maître mot "polé polé".
Dans le sac à dos , il y a une provision d' eau, de barres de céréales ...On monte assez vite, la pente est très raide au début. On part de 4700 m pour aller à 5895m. On ne voit rien à part  la personne qui est juste devant et on suit ses pas; ça monte vite et très fort dans des éboulis fins; j'ai  un peu de mal à suivre et je m'arrête de temps en temps ; finalement , mon sac à dos sera porté par un accompagnateur. Personne ne parle, on entend juste les bâtons de marche qui claquent sur les cailloux. Je me sens bien seule au milieu de cet univers immense entre le ciel étoilé et le reste de l'environnement qui est très sombre.
Les haltes sont régulières et nombreuses: il faut boire et ...manger.
Notre groupe se scinde en deux; je suis derrière et je trouve l'ascension longue et dure, je souffle beaucoup et j'ai parfois des envies subites d'abandon!!! Avec l'altimètre, on remarque le passage à 4807 m (le Mont Blanc).
Après 5h de marche en pente importante, on arrive sur une espèce  plateau où plusieurs chemins d'accès se rejoignent et maintenant il y a du monde . Quand je lève la tête, j'aperçois comme un serpent de petites lumières qui se déplace lentement et je me dis " C'est pas possible, encore tout ça à monter" et en même , c'est très poignant de voir ces lumières qui représentent des personnes qui peinent pour arriver en haut , qui font tous ces  efforts dans un but de dépassement de soi purement gratuit.
Personne n'a le mal des montagnes; par contre j'ai de plus en plus froid, le souffle très court; je fais de gros efforts pour respirer et soulever mes jambes qui sont plutôt molles.
On attaque la dernière montée raide elle aussi;  c'est beau la nuit , ces lumières qui se promènent; le vent se lève; je ne transpire quasiment pas malgré l'effort et j'ai très froid :pourtant , j'avais  pris des précautions: 2 odlos, 2 polaires, un coupe vent, bonnet , gants de ski, un collant, pantalon de ski, 3 paires de chaussettes; j'ai quand même froid aux pieds et aux mains, je suis gelée.
La montée est longue; nous montons en file indienne sur le chemin en lacets et quand un groupe s'arrête, souvent, alors tout le monde s'arrête.
On est presque au sommet maintenant, le soleil  ou le  jour se lève; c'est très beau ; je suis trop gelée pour sortir l'appareil photo ( qui a voyagé contre moi pour éviter aux batteries et piles de se décharger avec le froid). Quelle vue, le ciel est dégagé , il est bleu d'acier , le soleil nous réchauffe ...un peu. On commence à voir les glaciers; je crois que j'arrive en haut mais non encore un peu de marche, l'approche paraît longue.
Je ne sais pas si quelqu'un a pensé à prendre des photos de lever de soleil mais le froid tétanise .
Le sommet est enfin là, de nombreuses  personnes  veulent  se faire  prendre en photo devant la pancarte ; Je suis arrivée en haut 30 minutes après les autres membres  du groupe, mais je suis contente d'être en haut. Je crois que tout n'a pas été facile pour eux non plus; le froid était terrible et en plus il y avait un  peu de vent.(entre -20 et -25°C); j'ai eu  des engelures sur le visage , les lèvres  toutes gercées . Quelques photos ont été prises en haut , impossible de ne pas ramener des traces de ce passage.
Tout le groupe est arrivé au sommet ... même "la mama"; une grande joie , une grande victoire .
Nous ne sommes pas restés très longtemps là haut, trop rude, trop froid et la descente a commencé sous le soleil au dessus d'une mer de nuages, 3 h de descente par la voie Marangu pour arriver  au refuge Kibo en vue d' une collation ;nous traversons un grand plateau entre le Kili et le Mawenzi et la descente continue dans la pouzzolane, ça glisse et je suis tellement fatiguée que je m'étale souvent et me retrouve sur les fesses ; c'est dire l'état dans lequel je suis arrivée au refuge mais  pas trop envie de manger après un tel effort. Après une heure de repos , départ pour le refuge Horombo;  je rêve de dormir , de m'allonger, de me laver ; mêmes sensations qu'après avoir couru un marathon.
En tout 14 h de marche; que dire d'autres: je suis super , super contente, super , super fatiguée. J'ai eu des doutes très souvent sur mes capacités à réussir mais j'en avais tellement envie alors ...
Pendant le montée, l'esprit a ganbergé , j'ai fait , défait et refait ma vie.
Le Kili est une montagne merveilleuse, majestueuse, avec encore  des glaciers; c'était une belle course très difficile pour moi mais je suis folle de joie d'avoir réussi.
Nous sommes arrivé au camp vers 15h; après une légère toilette, dodo ( les tentes étaient montées ) ; 2 h de sommeil puis réveil pour diner; pas faim; retour dodo vers 19 h. Là , j'ai pris des dispositions pour me réchauffer : dans le sac de couchage avec bonnet , chaussettes, polaires, collant ... et la gourde remplie d'eau bouillante comme bouillotte; 11h de sommeil. Avant de partir dormir, discussion sur les pourboires à donner.

vendredi 14 janvier 2011

Mercredi

Altitude 3900 m.
 Nuit cahotique; le mal de tête s'est peu à peu estompé suite à une prise de gélules en nombre impressionnant; volonté intense de réussir!!!Entre les visites  aux toilettes dans le froid et les grands moments d'insomnie, la nuit fût longue et le sommeil ne vint que sur le matin. J'ai donc pu apercevoir la nuit très claire, étoilée, avec des étoiles filantes et le vent qui remuait les toiles de tente. Je me sens bien crade ; qu'une douche serait agréable!!!
Départ 8h30 pour 4 h de marche avec 800 m de dénivelé.
Je me sens mieux au départ ce matin ; allez , j'ai peut être une chance d'y arriver!!
Le pas est lent, toujours "polépolé", la pente importante, je me place en queue de peloton ;je commence à sentir l'altitude; si je  remue la tête trop vite, ça tourne , tout mouvement demande un effort; les mouvements doivent être lents pour être efficaces.
Au départ, j'ai pris un demi "diamox"(après hésitation, au cas où...) et deux paracétamols; c'est le pas lent et régulier du montagnard, je suis la progression de l'altitude sur mon altimètre; il y a souvent des haltes pour boire ( il est recommandé de beaucoup boire).
La montée m'a paru dure , pentue. Nous apercevons la montagne "Mawenzi"(5149 m) (superbe)et nous traversons un plateau puis passons un col "le Saddle"; le paysage est quasi lunaire, c'est désertique, pas de vie végétale seulement des scories et de la pouzzolane (comme en Auvergne!), impressionnant!!
En montant, le corps s'adapte par paliers; je marche et  peu à peu , je n'ai plus de force dans les jambes;   puis le corps doit s'adapter et on doit passer un palier;   hop les forces reviennent et c'est reparti. Par contre aucun signe du mal des montagnes.
Nous arrivons au refuge School  appelé aussi "Outward Bound Hut"(4700m) ; il est en bois recouvert extérieurement de tôle. Il y a un très grand soleil avec un vent glacé.
Je me sens bizarre, la peau est sèche , le visage douloureux; la toilette ou ce qui se veut une toilette est rapide.
Le repas est vers 17h30 et pour détendre l'atmosphère, chacun y a été de ses histoires ... spéciales , coquines mais drôles ; les filles vont dormir en bas et les garçons sont au premier étage.
Après le repas, les accompagnateurs arrivent ( il y a des grades dans les guides: le chef, les aides et celui qui ne fait que la dernière montée) pour nous donner des renseignements sur l'étape finale de la montée ; on est tous frappé par leurs mines inquiètes, sérieuses et leur ton solennel. On se regarde tous :" que va-t-il nous arriver de si horrible?" Ils ne sourient même pas!!!
Briefing: dodo à 18h; réveil à 23h; départ à 24h; il est prévu entre -15° et -20° au sommet, moins s'il y a du vent; bien se couvrir, emmener des gourdes d'eau; préparer deux sacs, celui que l'on porte avec soi et celui qui sera redescendu au refuge suivant et que l'on retrouvera le soir...
Après le discours, on a tous préparé avec sérieux nos deux sacs ; il y a une certaine appréhension ou inquiétude qui flotte dans l'air: " Va-t-on arriver en haut sans dommage, sans mal des montagnes ,sans avoir trop froid" . Couché vers 19h30, pas facile de dormir à cette heure avec le vent qui siffle dehors  et les pensées qui dansent dans nos têtes , pensées inquiètes pour la plupart. Heureusement qu'il y avait les histoires de Philippe!!! Enfin , au moins, on est au chaud dans le duvet...demain est un autre jour ,celui que j'attendais tant...

mardi 11 janvier 2011

Mardi

La nuit fût bizarre, mal à la tête, sommeil  intermittant, phases d' éveil et phases de sommeil alternent, des moments où j'ai eu très chaud et d'autres où j'ai très froid; j'ai des gros pulls pour dormir.
Lever 6h30, petit déj copieux comme d'habitude vers 7h ; les toilettes sont limites ...Départ 8h : le chemin est large au départ , ensuite, il y a des rochers, des montées parfois raides; les maux de tête sont toujours présents, je suis "dérangée de l'intestin"!!! La totale quoi!!!je prends paracétamol, profénid, je fais des gros mélanges!!!
Il y a beaucoup de soleil (crème solaire); en dessous il y a une mer de nuages; la végétation devient de plus en plus rare et on a devant nous en permanence le Kili, hauteur impressionnante.
Et , là, à l'arrêt pour le repas de midi, gros coup au moral: la migraine, l'intestin, la hauteur de la montagne et je me suis dit:"mais qu'est ce que je fais ici!!!".
Allez courage! La montée a duré de 8 h à 15 h , 1300 m de dénivelé.
Nous sommes arrivés vers 15 h au camp; j'étais bien mal en point. Je n'avais pas faim du tout, juste une soupe et du thé.
Je me suis sentie très surveillée par le groupe, mon visage était plutôt marqué par la migraine et le guide me demandait toujours : " ça va mama"?
Quand les porteurs nous croisaient ; ils me disaient "jumbo mama"( bonjour mama); le surnom de "mama" m'a suivi tout au long du voyage; c'est bizarre mais ça ne m'a pas gêné et pourtant tout ce qui touche à l'âge me dérange beaucoup mais c'était dit avec beaucoup de gentillesse , d'admiration parfois,et  de respect alors...
Au lit à 19h dans un triste état!!!j'avais la grosse migraine que je connais bien et je sais qu'elle est longue à passer ;  j'avais aussi  très froid: dans le duvet , pantalon, bonnet, collant, 3 pulls. Dur, dur!!!
Nous avons fait un essai de caisson (pour se rassurer ).

vendredi 7 janvier 2011

Lundi

Nous sommes sept personnes dans le groupe: Françoise, Sophie, Jean Louis, Philippe, Jérôme, Jacques  et moi.
Lundi:
Cabane de départ: derniers tampons
Je me suis réveillée à 4 h du matin, du temps pour ...réfléchir, les idées arrivent en foule; petit déjeuner copieux: oeufs, saucisses et... ciel bleu, vue sur le Kili; tout est lent , même le départ en bus sur le coup de 11H; tenue " de froid" bien sûr; on passe le frontière du Kénya (tampon) puis celle de la Tanzanie (retampon et quelques dollars). On traverse quelques villages , beaucoup d'enfants très souriants et on arrive au départ de la marche: rencontre avec le guide , les porteurs, le cuisinier ... 20 personnes en tout. Départ du treck dans la forêt, végétation importante, quelques cultures de maïs,on marche "polépolé". Nous sommes partis de 1950 m , nous montons doucement , je suis la plus âgée, il va falloir tenir le rythme!!!Pique nique à midi, nous arrivons au camp vers 14h, 2600m altitude; le ciel est couvert et les tentes sont montées; certains repartent pour une petite ballade vers le camp du lendemain.
A chaque passage dans un camp, on doit signer un livre pour attester de notre passage.Repas à 18h sous une grande tente avec soupe, frites poissons, fruits et thé. Nous discutons avec le guide du fameux caisson. Il en a un , il faut 4 personnes pour le porter et en 4 ans , il n'a jamais servi. ; 19h30, dodo, moment de solitude bien reposant. Il y a une bonne ambiance dans le groupe, tout le monde cherche la détente , souvent des blagues grivoises mais bon...
Il y a un monde fou dans ce camp: des tentes partout, toutes nationalités, toutes langues et du ...bruit.
Demain , ce sera levée 6h30 , départ 8h, 7 h de marche et 1300m de dénivelé. En attendant lecture et dodo.