Voyages en montagne et... ailleurs

Ascension du Kilimandjaro en juillet 2010

mardi 19 avril 2011

Marathon d'Annecy

Quelle course!!!
Au départ, quelle ambiance , de la musique, des encouragements...., il y a un rassemblement de personnes tout âge  mais une majorité de  jeunes ( la quarantaine), toutes prêtes à se dépasser dans une épreuve mythique, d'endurance ; chacun sait qu'il y aura souffrance mais on y court au sens propre comme au figurer.
Besoin de se prouver que l'on peut et pour moi besoin de défier l'âge, la vieillesse, oublier tout l'espace d'un moment et de se concentrer sur "mettre un pied devant l'autre".
Au départ , une forme d'enfer, un rythme bien adapté et se dire que "l'on part pour de longues heures", en en garder sous le pied comme on dit, doser l'effort ni trop vite , ni trop lent. Le soleil nous accompagnait, l'air était frais , idéal pour courir. Peu de paroles , tout le monde se concentre sur ses pensées, ses efforts, chacun son rythme, chacun ses motivations...
10 kms en 1h03, bien pour moi.
Allez continue, "ma vieille"!!!tout doux
Les kilomètres se déroulent sous mes pas , "même pas mal", boire deux , trois gorgées à chaque stand, quelques raisins secs et c'est reparti; accueil chaleureux des personnes qui , le long du parcours, regardent passer ces fous de la performance. Roland est là au détour d'un chemin , à m'encourager , il veut être sûr que je vais bien; quelle attention!!
Le corps souffre, c'est vrai; il le signale par moment, une douleur au ventre, puis s'en va , une autre dans la cuisse puis repart vers d'autres genou et mollet mais je le raisonne:" allez encore un effort et ce sera le repos"
Mi parcours, les jambes commencent à réclamer "pouce, on stop"; mais non , mais non on continue...
Au 30 ème kilomètre, passage en 3h 15, bien dans les temps mais prise d'un faim ..et au stand plus rien à manger, je vais  demander un petit " en cas " à la station des secouristes et ils me donnent un sachet de compote... génial et je repars ; maintenant le passage redouté "du 30, 35 ème kilomètre"; mais tout se passe bien , l'allure se ralentit néanmoins et vers le 36 ème kilomètre, je sens que les jambes avancent toutes seules , mécaniquement, je ne sens plus de douleur, tout est comme dans un rêve, je plane,  je déroule, j'avance , je flotte, vidée, j'ai dû programmer un film qui se déroule hors de ma volonté; je pense seulement: "ne pas m'arrêter, continuer d'avancer, encore et encore, compter les kilomètres qui restent, les mètres qui restent, allez c'est bientôt l'arrivée, tu vas gagner le pari , le défi que tu t'étais lancé".
En voici l'arrivée, le tapis rouge..mais oui , j'arrive 4h 46;  c'est fini, le fin de l'épreuve, la joie d'arriver, les larmes ... habituelles chez moi, la respiration qui se bloque; l'effort sur la fin fût intense vraiment; comme on dit, j'ai puisé dans mes réserves, j'ai fait appel à des ressources enfouies profond dans les tripes. Se dépasser, me prouver que je ne suis pas foutue, que j'ai une certaine valeur, que je peux encore faire des choses qui valent le coup de vivre.
L'arrivée passée, j'erre dans le parc , au milieu des gens, je me sens un peu paumée, je cherche Roland et voilà , il est là. Ouf! repos, impossible d'avaler quelque chose, le corps a souffert mais il est fort et résistant , je peux lui demander beaucoup et il me donne , il est complaisant pour le moment. Mais on court aussi et au moins autant avec sa tête, c'est un ensemble et le tout  fonctionne de façon satisfaisante en ce moment alors beaucoup d'espoirs me sont permis. Prochain challenge? A réfléchir.....
Les enfants ont suivi de chez eux,  via le téléphone, le déroulement de l'épreuve ; des gros bisous pour eux mais aussi à Roland qui m'a donné attention , gentillesse et amour. Suis- je à la hauteur de tant d'attention?

2 commentaires:

  1. Moi aussi j'ai versé ma petite larme quand j'ai su que tu étais bien arrivée ...:) Encore bravo !

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  2. Merci beaucoup pour ce super recit tres emouvant.

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